Manifeste
8 mars 1999

Voir la liste des premiers signataires du Manifeste

Ça suffit !

 

 

Nous vivons en démocratie. Le débat est libre,
mais tous les arguments ne sont pas légitimes.


Toute femme qui s'expose, qui s'affirme, qui s'affiche,
court le risque d'être traitée de « pute » ou de « salope » ;
si elle réussit, elle est suspectée d'avoir « couché ».
Toutes les femmes sont trop souvent jugées
sur leur apparence et étiquetées : « mère »,
« bonne copine », « bonne à tout faire »,
« lesbienne », « putain », etc.

              

auf deutsch in English



 

Nous, Chiennes de garde, montrons les crocs.

Adresser une injure sexiste publique à une femme, c'est insulter toutes les femmes.
Nous nous engageons à manifester notre soutien aux femmes attaquées publiquement
en tant que femmes.
Nous affirmons la liberté d'action et de choix de toutes les femmes.

Nous, Chiennes de garde, préservons une valeur précieuse : la dignité des femmes.
Elle est inséparable de la dignité humaine. Elle doit être respectée par tous.

Aujourd'hui comme hier, en Europe comme ailleurs, la légitimité des femmes à participer aux décisions à égalité avec les hommes n’est pas admise par tous ; la violence est utilisée contre des filles et des femmes pour les rendre invisibles et muettes.

La violence verbale fait partie de la violence générale contre les femmes.

Nous demandons que soit votée dans notre pays une loi contre le sexisme. Comme le racisme, le sexisme (c'est-à-dire la haine du féminin) est l'une des manifestations de la haine de l'autre, liée à la haine de soi.

La lutte contre le sexisme doit devenir une priorité politique. Nous demandons que soit organisé un ample travail de réflexion et d'éducation sur les rapports entre femmes et hommes. Nous voulons vivre dans une société où nous pourrons agir librement, dans le respect de l'autre et en bénéficiant nous-mêmes de respect.

REJOIGNEZ-NOUS !

 

Ceci est le texte (légèrement adapté) du Manifeste des Chiennes de garde contre la violence sexiste, lancé le 8 mars 1999.