Historique    

Le mouvement des Chiennes de garde, réseau de vigilance défendant des femmes publiques contre des insultes sexistes,
a été lancé le 8 mars 1999 par l’historienne Florence Montreynaud. Il est féministe, mixte et international.

L’association Chiennes de garde a été présidée jusqu’en 2000 par Florence Montreynaud, puis par Isabelle Alonso (2000-2003),
Yanne (2003-2005),  Emmanuelle Messéan (2005-2007), de nouveau par Florence Montreynaud jusqu'en 2011
et maintenant par Marie-Noëlle Bas.

Le 8 mars 1999, Florence Montreynaud, féministe engagée depuis 1971, rédige une pétition de soutien à Dominique Voynet,
ministre Verte insultée comme femme, qu’elle fait signer autour d’elle. Cela lui donne l’idée d’un groupe féministe mixte qui dirait fermement
aux machos : « NON ! ÇA SUFFIT ! ». Elle trouve le nom Chiennes de garde et rédige, en prenant conseil de plusieurs ami-es,
le Manifeste des Chiennes de garde.
« Nous voulions élever le débat public, où certains arguments volent bas, et faire le ménage dans les propos orduriers. Nous voulions qu’on entende
la souffrance des femmes insultées, que la honte ne soit plus portée par elles, mais qu’elle retombe sur les machos qui nous pourrissent la vie
avec leur violence. Nous voulions rassembler, au-delà de la France, des personnes de bonne volonté qui désirent construire ensemble un monde meilleur. Un monde sans machisme. Un monde de paix. »

Le 6 septembre 1999, est lancée la première action du mouvement des Chiennes de garde : au nom des 700 signataires du Manifeste,
les Chiennes de garde prennent la défense de Laure Adler, directrice de France-Culture, insultée de manière sexiste dans un tract de la section
locale du syndicat Force ouvrière.

Avec quelques proches, Florence Montreynaud fonde alors l’association Chiennes de garde, « pour donner un cadre juridique à notre action
et pour que nous puissions nous porter partie civile dans cinq ans (le délai légal) aux côtés de femmes insultées qui intenteraient un procès
à leur agresseur. » Les statuts sont  déposés le 30 septembre 1999.

Voici les actions des Chiennes de garde depuis 1999 (les détails sont disponibles à la rubrique 'Nos actions') :

 

  • Le 6 septembre 1999, les Chiennes de garde défendent Laure Adler, directrice de France-Culture, insultée de manière sexiste dans un tract de la section Force ouvrière de la Maison de la radio.
  • Le 26 septembre 1999, lettre au quotidien Le Monde pour défendre l'écrivaine du Bangladesh Taslima Nasreen (publiée dans Le Monde).
  • Le 6 octobre 1999, défense de la ministre Martine Aubry et demande à Ernest-Antoine Seillière, président du MEDEF, d’exprimer son désaccord avec les propos sexistes d'un patron.
  • Le 15 novembre 1999, soutien aux Mères de la place de Mai, et demande au gouvernement argentin d'assurer la sécurité de ces femmes.
  • Le 16 novembre 1999, après le refus essuyé le 7 par Nadine Diatta et Elisabeth Lubinski, interdites d'accès au Fouquet's, une brasserie parisienne des Champs-Élysées, parce qu'elles n'étaient « pas accompagnées » [par un homme], les Chiennes de garde demandent à la direction du Fouquet's de présenter à celles-ci des excuses publiques ; de prendre l'engagement de cesser toute pratique discriminatoire de ce type ; d’apposer sous le panonceau « Les dames seules ne sont pas admises au bar » une mention indiquant qu'il s'agit d'un souvenir historique, non valable de nos jours. Après huit manifestations sur les Champs-Élysées, elles obtiennent satisfaction le 3 mars 2000.
  • À partir du 5 novembre 1999, soutien à Nicole Abar, entraîneuse d’une équipe féminine de football, dans son action en justice contre Philippe Pémezec, maire du Plessis-Robinson, qui avait proféré contre elle, lors d’une séance du conseil municipal, des insultes sexistes et lesbophobes. Des Chiennes de garde accompagnent la plaignante lors de deux procès.
  • Le 9 février 2000, les Chiennes de garde se joignent à l’action menée par l’association Citoyennes Maintenant, de Montpellier, pour obtenir des excuses de Louis Nicollin, PDG de la société d’ordures ménagères et président du club de football, après ses déclarations injurieuses sur les femmes publiées dans Le Petit Fûté de Montpellier.
  • Le 16 février 2000, les Chiennes de garde expliquent à Alain De Greef, directeur des programmes de Canal+, leur conception du premier degré (« le harcèlement machiste exercé par Bruno Gaccio sur une journaliste est inadmissible »), du deuxième degré (« nous montrons les crocs aux machos de Canal+ ») et du troisième degré (« une image : si nous venions planter nos crocs dans leurs mollets »).
  • mars 2000 : lettre au quotidien Libération et demande de droit de réponse à propos d’un article de Fabrice Tassel intitulé « Les filles du foot contre l’équipe des machos », qui porte atteinte à l’honneur et à la considération des Chiennes de garde. Ce droit de réponse n’est pas respecté.
  • Soutien à Agnès Kaspar, déléguée CFDT au Centre nucléaire du Bugey, dans son procès contre Didier Mourrat qui avait fait d’elle des caricatures sexistes. Des Chiennes de garde assistent au procès, à Bourgoin-Jallieu le 4 juillet 2000 ; le tribunal se déclare incompétent. Espérant que la publicité faite à ce procès dans les médias aura servi de leçon à l’insulteur, Agnès Kaspar décide d’en rester là. 
  • Les Chiennes de garde sont l’un des 5 500 groupes qui, dans 157 pays, appellent à participer à la Marche mondiale des femmes contre la pauvreté et les violences faites aux femmes. Elles sont dans la rue à Paris les 8 mars et 17 juin 2000, à Bruxelles le 14 octobre (Marche européenne) et à New York le 17 octobre, devant l’ONU.
  • Septembre 2000 : lancement avec plusieurs associations féministes d’une lettre ouverte au Président de la République et au Premier Ministre, et communiqué de presse pour dénoncer la présence d’un athlète et de son entraîneur aux jeux Olympiques de Sydney malgré leur participation avec d’autres membres de l’équipe de France du lancer de marteau aux agressions sexuelles à l’encontre de deux sportives, Michelle Rouveyrol et Catherine Moyon de Baecque, qui étaient, elles aussi, lanceuses de marteau et membres de l’équipe de France.
  • 8 mars 2001 : lancement d’un appel afin de recueillir des témoignages de violence verbale sexiste dans le monde du travail.
  • Avril 2002 : question aux candidats à la présidence de la République sur six mesures concrètes exigées pour réformer la condition des femmes et poser les termes de débats nécessaires à son amélioration ; publication des réponses.
  • 4 avril 2002 : appel au soutien et à la libération d’Ingrid Bétancourt.
  • 18 avril 2002 : Métro, Boulot, Machos (éd. Plon) : deux journalistes, Katie Breen et Catherine Durand, ont sélectionné une trentaine de témoignages parmi les centaines reçus sur les injures sexistes et le sexisme dans le monde du travail.
  • 10 janvier 2003 : soutien à Touria Tiouli, victime d’un viol en réunion à Dubaï, et qui, ayant porté plainte, s’est retrouvée accusée de « relations sexuelles adultérines ».
  • Février 2003 : participation et marrainage de la Marche Mondiale des Femmes.
  • 23 février 2003 : appel et mobilisation pour la libération d’Ingrid Bétancourt. 
  • Mars 2003 : Participation et prise de parole lors du meeting/étape de la Marche des femmes des quartiers à Ste Geneviève des Bois.
  • Juillet 2003 : Protestation à TF1 et auprès du Conseil supérieur de l’audiovisuel pour insultes répétées, violence verbale, intimidation, menaces de coup, menaces de mort de la part d’un participant envers deux participantes dans le jeu de « Koh-Lanta ».
  • 6 août 2003 : des Chiennes de garde sont présentes au cimetière du Père-Lachaise lors de l’enterrement de Marie Trintignant, morte à la suite des coups de son compagnon, Bertrand Cantat. Dans un communiqué, elles « souhaitent que les médias tiennent compte de la réalité des violences conjugales. Dans l’immense majorité des cas, ces violences impliquent non pas deux protagonistes égaux, mais bel et bien une victime rouée de coups et un agresseur indemne ».
  • 19 novembre 2003 : communiqué de presse, conjointement avec d’autres organisations, pour dénoncer la tribune offerte par France 2 à Tariq Ramadan et à Jean-Marie Le Pen dans l’émission "100 minutes pour convaincre", car tous deux représentant «  les deux faces d’une même idéologie, meurtrière, totalitaire, irrespectueuse des droits les plus fondamentaux de l’être humain. »
  • 13 décembre 2003 : communiqué de presse « Pourquoi avons-nous assigné Arte en justice ? » concernant le nom prévu à l’origine pour un documentaire, le contenu et le procédé mis en œuvre lors de sa réalisation. Appelé d’abord « Chiennes d’arrière-garde ? », rebaptisé après protestation des Chiennes de garde « Profession féministe », ce documentaire accumule inexactitudes, contre-vérités et procédés douteux.  
  • 7 janvier 2004 : protestation auprès du Conseil supérieur de l’audiovisuel, avec d’autres associations féministes, pour atteinte à la dignité de la personne, non-respect de la libre expression des courants de pensée et d’opinion, incitation à la haine et à la discrimination sexistes concernant un programme Arte.
  • 27 février 2004 : soutien à la femme politique Véronique Fayet, envers laquelle Xavier Darcos, ministre délégué à l’enseignement scolaire et tête de liste de l’UMP en Gironde, a eu publiquement des propos insultants et sexistes.
  • 15 mars 2004 : soutien à la Maison des Femmes de Paris, menacée dans son existence, faute de subventions suffisantes.
  • Mars 2004 : « Un panorama historique du féminisme » Participation et retranscription de l’allocution prononcée le 8 mars 2004 à la conférence "les combats féministes d’hier et d’aujourd’hui", organisée par l’association Avenir-Nepad, dans le cadre de La Semaine des Femmes, à l’IEP de Paris. 
  • 13 mai 2004 : communiqué du bureau des Chiennes de garde et demande d’excuses publiques, concernant l’émission de Thierry Ardisson, « Tout le monde en parle », où Laurent Baffie a remis à deux comédiennes, Ornella Muti et Elisa Tovati, une carte de fidélité marquée « grosse pute ».
  • 19 juin 2004 : appel au gouvernement pour une vraie loi anti-sexiste avec notamment le lancement d’une pétition : « Insultes : pour une vraie loi anti-sexiste ».
  • 8 juillet 2004 : communiqué de presse à la suite du report par le Président de la République du projet de loi contre les propos sexistes et homophobes.
  • 13 septembre 2004 : texte « 7 Arguments pour rééquilibrer le projet de loi contre les propos sexistes et homophobes », en complément de la pétition « Insultes : pour une vraie loi anti-sexiste » et proposition de contribution citoyenne par un courrier auprès des député-e-s et sénatrices-teurs.
  • octobre 2004 : demande de réaction au producteur de la Star’ac 4 devant l’attitude sexiste et violente d’un candidat vis-à-vis d’une candidate.
  • 18 octobre 2004 : protestation auprès du quotidien La Voix du Nord au sujet des propos sexistes de l’article « Juppé dans les griffes d’une blonde » rendant compte de la première journée d’audience du procès d’Alain Juppé. 
  • 10 novembre 2004 : demande de droit de réponse dans Le Nouvel Observateur à la suite de l’accusation de harcèlement de Marcela Iacub par lettre et coups de fils à son domicile de la part de Chiennes de garde. Obtention d’un court rectificatif dans le n° suivant du journal.
  • 12 novembre 2004 : demande d’excuses à Xavière Tibéri envers Aurélie Filippetti, pour injures sexistes.
  • 14 mai 2005 : communiqué de presse pour réclamer des excuses à la newsletter « ouidegauche.com » qui avait comparé Danielle Mitterrand à un chien.
  • 1er octobre 2005 : demande aux hommes politiques auteurs de multiples propos sexistes à l’encontre de Ségolène Royal, candidate à l’investiture par le parti socialiste en vue de l’élection présidentielle, de lui présenter leurs excuses. Demande à la classe politique masculine dans son ensemble de respecter ses engagements républicains d’égalité et de non-sexisme envers ses adversaires féminines.
  • 10 février 2006 : communiqué de presse au sujet du Rapport d’Amnesty International sur les violences faites aux femmes en France approuvant sans réserve l’analyse d’Amnesty International et notamment les déclarations suivantes : « Considérées par beaucoup comme une affaire privée qui ne relève que de l’intime, les violences faites aux femmes sont pour Amnesty une affaire d’Etat", écrit l’organisation, qui dénonce "une société alimentée par un système culturel, social, économique, discriminatoire". "Toutes ces violences ont pour point commun d’être fondées sur une discrimination de genre (...) Cette violence spécifique s’exerce sur les femmes avant tout parce qu’elles sont femmes".
  • 20 février 2006 : dénonciation du sexisme verbal de Gilles de Robien, ministre de l’Éducation nationale, dans la presse. « "L’apprentissage se fait par l’hémisphère gauche du cerveau, on apprend par séquence et non en globalisant. C’est comme pour apprendre à conduire, on n’apprend pas en même temps à tenir le volant, allumer la radio et caresser éventuellement la cuisse de sa voisine. "
  • 8 mars 2006 : organisation d’une table ronde à la Maison des Associations du 20e arrondissement de Paris sur le thème de « La "porno-guerre" : émergence de nouvelles formes d’incitation à la violence contre les femmes dans l’industrie du porno ».
  • avril 2006 : relais d’une pétition aux parlementaires et à la ministre de la Cohésion sociale pour l’abrogation du terme « Mademoiselle » et de la rubrique « Nom de jeune fille », qui sont discriminatoires et contraires au droit français.
  • 19 avril 2006 : questions à Michela Marzano, philosophe, chercheuse au C.N.R.S., qui explore dans ses ouvrages (en particulier dans Le Malaise dans la sexualité, le piège de la pornographie (Ed. J.C. Lattès), la représentation que la pornographie donne du corps, du masculin et du féminin, l’idéologie du consentement qui tient aujourd’hui lieu de morale. Michela Marzano participe aussi au débat des Chiennes de Garde sur le thème de la pornographie violente.
  • 30 juin 2007 : communiqué de presse pour dénoncer les propos de Patrick Devedjian qui en parlant d’Anne-Marie Comparini a employé le mot « salope »
  • 11 janvier 2008 : manifestation devant les locaux du Nouvel Observateur, après la publication d’un numéro dont la couverture, présentant un dossier sur « Beauvoir la scandaleuse », est illustrée par une photo de Simone de Beauvoir nue. Demande de voir les fesses de différents philosophes, et aussi celles de Jean Daniel, directeur de la publication.
  • Octobre 2008 : réunion de l'association Chiennes de garde et du réseau La Meute contre la publicité sexiste qui constituent désormais
    La Meute des Chiennes de garde.
  • 21 octobre 2008 : « ÊTES-VOUS PROXÉNÈTE OU SPÉCIALISTE D’INFORMATIQUE ? » - LETTRE OUVERTE à M. Yves Lagier, PDG de Surcouf. Première action de La Meute des Chiennes de garde contre une publicité sexiste dans les vitrines du magasin parisien Surcouf :
    prévenue d’une manifestation des Chiennes de garde devant le magasin, la direction fait précipitamment masquer les affiches.
  • 5 février 2009 : « LA PARITÉ IMPOSSIBLE : C¹EST LA FAUTE DES FEMMES » - LETTRE OUVERTE à l'AERES (Agence d'Évaluation de la Recherche et de l'Enseignement Supérieur).
  • 16 février 2009 : à l'honneur LETTRE OUVERTE DES CHIENNES DE GARDE À Madame Yamina BENGUIGUI.
  • 8 mars 2009 : «LE MACHO DE L'ANNÉE ÉLU PAR LES CHIENNES DE GARDE»
  • 16 mars 2009 : « FRANCHEMENT UTILISER LA VIOLENCE CONTRE LES FEMMES EST INDIGNE » - LETTRE OUVERTE à Reporters Sans Frontières.
  • Mars 2009 : Actions concernant les textes du rappeur Orelsan.
  • 28 février  2010 : «LA PUBLICITÉ NOUS TIRE VERS LE BAS. ÇA SUFFIT !» - Lettre ouverte des Chiennes de garde aux présidents de la République, du Sénat et de l’Assemblée nationale.
  • 5 mars 2010 : «LE MACHO DE L'ANNÉE ÉLU PAR LES CHIENNES DE GARDE»
  • 2 septembre 2010 : SUITE À LA MOBILISATION POUR SAKINEH «DES FRANÇAISES INSULTÉES, LES CHIENNES DE GARDE RÉAGISSENT»
  • 17 novembre 2010 «ELFASSI, TU NE NOUS FERAS PAS TAIRE !» - Communiqué de presse des Chiennes de garde.
  • 9 février 2011 « NON À LA PUTANISATION DES PETITES FILLES !» - Action de la Meute des Chiennes de garde.
  • 7 mars 2011  «LE MACHO DE L'ANNÉE ÉLU PAR LES CHIENNES DE GARDE »
  • 11 mai 2011 «LETTRE OUVERTE À Pascal TERRASSE» Député et président du Conseil général de l'Ardèche.
  • 18 mai 2011 « APRÈS LA PORNO CHIC, LA PORNO CRADE ?» Lettre ouverte au Jury de Déontologie Publicitaire.
  • 1er septembre 2011 : Les annonceurs PULCO et AXE modifient leurs films publicitaires - Communiqué de presse.



Loi-cadre contre les violences faites aux femmes

Dans un article publié dans Le Monde du 19 mars 1979, sous le titre « L’urgence d’une loi anti-sexiste », Simone de Beauvoir réclamait un texte « s’attaquant aux racines mêmes de la violence faite aux femmes ». Elle appelait à « agir sur les mentalités masculines rendues agressives par tout l’environnement culturel, affiches, pornographie, littérature... » et disait qu’ « une loi anti-sexiste permettrait de dénoncer devant l’opinion publique chaque cas de discrimination sexiste ».
Nous continuons activement le travail pour obtenir une vraie loi antisexiste.

Avec le Collectif National pour les Droits des Femmes, nous demandons une loi-cadre contre les violences faites aux femmes.