Communiqué de Presse

5 mars 2010

Les Chiennes de garde
ont montré les crocs au MACHO DE L’ANNÉE

et aboyé contre la publicité la plus sexiste
qui reçoit le prix Macho

 

 

À l’occasion de la Journée internationale des femmes, les Chiennes de garde ont montré les crocs au MACHO DE L’ANNÉE, qu’elles ont élu pour sa déclaration publique, faite en 2009 et jugée la plus sexiste parmi une sélection. Après le cardinal-archevêque de Paris, André Vingt-Trois, premier Macho de l'année en 2009, le deuxième macho à recevoir ainsi les déshonneurs féministes est

Louis Nicollin, président du club de football de Montpellier

Pendant toute l’année 2009, les Chiennes de garde ont répertorié des déclarations publiques machistes ; elles en ont retenu sept, parmi lesquelles les membres de l’association ont voté sans indication du nom des auteurs. Près d’un tiers ont choisi :

« On peut se parler, se dire les choses. On est des hommes, pas des gonzesses. »
(Source : L'Équipe, 2 novembre 2009 ; au sujet d'un différend avec Benoît Pedretti, capitaine de l’équipe de football d'Auxerre)

Un récidiviste !

Carton rouge à Louis Nicollin, qui en 2000 avait déjà dû présenter des excuses aux Chiennes de garde pour des propos injurieux sur les femmes. Or il a continué à se répandre en déclarations sexistes et homophobes. Pour lui, les femmes (les « gonzesses ») seraient-elles des sous-hommes, des moins que rien ?
Certains parleront de gauloiserie, ce qui est faire injure aux Gaulois dont rien ne prouve qu’ils ne respectaient pas l’éthique sportive.
D’autres diront que ce monsieur est un Méridional, ce qui est une insulte aux millions de gens du Midi qui ne se reconnaissent pas dans une telle incontinence verbale.
Quelle image du sport français donne ce dirigeant qui pratique violence verbale et attaques dégradantes ! Dans les stades, il y a des règles, dans les tribunes aussi, et même au président tout n'est pas permis.

La célèbre « galanterie française » ?

Avec le sport, où les femmes sont trop souvent discriminées et rabaissées, où on commente leur physique plutôt que leurs performances (cf. tant de commentaires lors des derniers JO), la politique est un autre domaine où les machos imposent leur violence. En France, où les partis préfèrent perdre de l’argent plutôt que de respecter la loi sur la parité, les hommes politiques se permettent des déclarations sexistes inimaginables dans les autres démocraties : est-ce cela, « l’exception française » — galanterie avec certaines femmes, goujaterie avec toutes les autres ?

 

Les dauphins du Macho de l'année
sont deux hommes politiques (ex-aequo) :

• Alain Destrem, conseiller d’arrondissement de Paris UMP, qui a déclaré : « La photo de Ségolène Royal en boubou me fait penser à ma femme de ménage. » [à la vue d’une photo de Ségolène Royal portant un boubou, lors d’une visite à Dakar] Conseil de Paris, 8 avril 2009

Voilà un homme politique qui cumule dans la même phrase racisme, sexisme et mépris de classe ! A-t-il sa place dans une assemblée élue ?


• et Jean Lassalle, député MoDem, pour sa réponse à un journaliste lui demandant quel était son cochon préféré : « Mon cochon préféré, c’est une petite cochonne, c’est mon épouse. » (au Salon de l’agriculture, à Paris, 24 février 2009)

Un tel cochon fait honte à l’Assemblée nationale, et mérite un collier de plomb. Les Chiennes de garde assurent madame Lassalle de toute leur sympathie dans cette épreuve. Leur député-e préféré-e, c’est une personne qui élève le débat au-dessus de la fosse à purin.

Voir sur le site la liste des autres machos sélectionnés.
 

Depuis 1999, les Chiennes de garde aboient pour qu’on respecte la dignité des femmes, et montrent les crocs à des machos qui se permettent d’insulter des femmes en public de manière sexiste.

Le Manifeste des Chiennes de garde a été signé par des dizaines de milliers de personnes, qui demandent une loi-cadre contre les violences faites aux femmes.

 


 

PRIX MACHO 2010
décerné par La Meute des Chiennes de garde
à la publicité la plus sexiste de 2009

Choisi par La Meute parisienne parmi un ensemble de publicités sexistes rassemblées par les membres du réseau, le prix Macho 2010 est décerné à l’affiche, diffusée dans la rue et le métro, pour le

Prix de Diane (hippodrome de Chantilly)

Sur la pelouse d’un champ de courses, une femme nue, grande et mince, chaussée de talons aiguilles, se tient debout, de dos, bras en l’air, mains sur son chignon. Le tiers médian de son corps est caché par les portes d’une stalle de départ. À côté d’elle, accrochée à un cintre sur le montant de la stalle, une robe du soir, longue et volumineuse. Au loin, les tribunes, d’où la femme est donc visible de face.

Une femme nue à la place d’un cheval. Une femme-jument offerte aux regards, sa robe comme une croupe. Un corps de femme trophée.
« Y a plus qu’à la monter ! Grrrrrrrr ! » aboie La Meute

Cette publicité relève de la catégorie : « nudité sans rapport avec le produit ».

Dans la catégorie  « clichés sexistes », La Meute a choisi la campagne de Sixt, avec des photos d’accidents de voiture spectaculaires, et le slogan « Oui, nous louons aussi aux femmes », qui  accrédite l’idée reçue sur la prétendue dangerosité des conductrices ; en petits caractères, l’affirmation de l’inverse : les femmes « ont 3,5 fois moins d'accidents graves que les hommes ».

Dans la catégorie  « violence et prostitution », La Meute a choisi la campagne de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes, avec la tête chauve et souriante d’un homme ordinaire, le slogan « Je vois Céline tous les 15 jours et ça me fait un bien fou… », et la signature « Mon kiné… partenaire de ma santé durable ». Dévaloriser un métier en l’assimilant à la prostitution (cet homme « voit Céline », comme il pourrait aller « voir une prostituée ») fait de cet ordre professionnel peu soucieux de déontologie l’équivalent d’un proxénète.


Nous revendiquons le droit de vivre sans être exposés en permanence à des clichés sexistes, des slogans abrutissants, des images de violence, et en particulier de violence sexuelle.
La Meute demande la création d’une instance chargée d’examiner toutes les publicités avant leur diffusion dans l’espace public. Dirigée par une personnalité indépendante, elle sera composée pour moitié de représentant-es du peuple (élu-es, associations) et pour moitié de professionnels