Communiqué de presse

le samedi 30 juin 2007

par le Bureau des Chiennes de garde

Insultes à l’égard d’Anne-Marie Comparini

Les Chiennes de Garde saluent la rapidité des condamnations mais déplorent le machisme persistant d’une partie de la classe politique.

De nouveau un homme politique a usé d’insultes sexistes à l’égard d’une adversaire. Si les Chiennes de Garde saluent la rapidité et la quasi-unanimité de la condamnation de ces propos, rapidité qui prouve que le combat de CDG ne fut pas vain et a porté ses fruits ; il ne s’agirait pas de se contenter d’une telle situation.

Il est tout d’abord effarant de constater qu’un homme politique,ancien Ministre et élu use, tout «naturellement» et hors d’une situation d’affrontement, d’une des insultes sexistes les plus emblématiques et les plus graves.

Mais il est encore plus navrant de constater la tiédeur et l’aspect sexué de ces condamnations. Les hommes politiques se sont, dans leur ensemble évertués d’en minimiser la portée tandis que de nombreuses femmes politiques ont fermement réagi. Rachida Dati a ainsi parlé de propos «intolérables», Roselyne Bachelot, a pointé le sexisme des propos qui "montre que le combat pour le respect des femmes n’est pas terminé". De même, les quatre élues UMP du conseil régional de Rhône-Alpes, dont Anne-Marie Comparini est membre, ont voté pour la motion de soutien à Anne-Marie Comparini tandis que leurs 24 collègues masculins se sont abstenus. On voit que le machisme politique a encore de beaux jours devant lui et que les solidarités partisanes l’emportent sur la lutte contre le sexisme et le respect de la loi, car, rappelons-le, les injures à caractère sexiste constituent un délit passible d’amende. Patrick Devedjian n’est pas en reste : il se défend d’être machiste et dit qu’il aurait sans doute «employé le même mot s’il s’était agi d’un homme». Ignore-t-il vraiment la différence de sens entre salaud et salope ?

Les Chiennes de Garde dénoncent également la faiblesse de la réaction présidentielle ; Nicolas Sarkozy estime que «Ce ne sont pas des façons de parler aux femmes, ni à qui que ce soit» mais a refusé toute sanction, malgré la gravité des propos. Rappelons pourtant que l’insulte à caractère sexiste est un délit passible d’amende. Il est également intéressant de noter, que sur le plan du machisme et de l’insulte aux femmes, certains de nos hommes politiques n’ont rien à envier aux «racailles» bonnes à Karchériser et que, s’agissant des femmes, ils partagent le même vocabulaire que le rappeur le plus sexiste.

Face à une telle inertie, les Chiennes de Garde ne resteront pas immobiles et se porteront également partie civile si Madame Anne-Marie Comparini souhaite porter plainte contre Patrick Devedjian.