Communiqué de presse

Alfa Roméo : ça roule pour le sexisme !

 

La marque de voitures italienne Alfa Roméo utilise les clichés sexistes pour promouvoir sa voiture Giulietta. Depuis plus d'un an maintenant, la publicité défile sur les écrans et s’affiche aujourd’hui en grand format sur les murs dans l’espace public.

Les Chiennes de garde montrent les crocs !

Une voiture blanche, les mains d'une femme frôlent la portière, caressent le volant, puis un dos de femme nu. Puis des mains d’homme empoignant le volant… Un commentaire, prononcé d'une voix féminine accompagne les images « Touche-moi, effleure-moi, possède-moi, contrôle-moi, vénère-moi, exalte-moi, ressens-moi, protège-moi, déteste-moi, quitte-moi, aime-moi, retiens-moi. Je suis Giulietta, mieux que des mots, essaye-moi. » (visible sur ce lien).

Sur les affiches dans l’espace public, s’étale la phrase « Je suis Giulietta, essaye-moi ».

Encore une fois, l'argument commercial est sexuellement suggestif. Le message assimile les femmes à de simples objets sexuels. Est-il nécessaire de rappeler qu'en aucun cas un homme ne peut «posséder» ou «contrôler» une femme ? Le parallèle automobile/femme a la vie dure. Il est temps de briser le rêve des machos : ce n'est pas parce qu’ils ont une belle voiture qu’ils auront du succès auprès des femmes…

Les Chiennes de garde demandent à Alfa Roméo d’abandonner ses campagnes publicitaires véhiculant des clichés sexistes et au Jury de Déontologie Publicitaire d’examiner et délibérer sur ces publicités, avec en mémoire la Résolution 1751 (2010)* du Conseil de l'Europe et disent : «Les publicités sexistes, ça suffit ! Maintenant !»

Combattre les stéréotypes sexistes dans les médias :

Au mépris de cette résolution, les publicitaires, la plupart du temps confortés par l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité, utilisent des clichés sexistes, alors que d’autres clichés (raciste ou anti-sémite) ont été heureusement bannis depuis longtemps.

La Meute des Chiennes de garde demande la création d’une instance chargée d’examiner toutes les publicités avant diffusion dans l’espace public. Dirigée par une personnalité indépendante, elle sera composée pour moitié de professionnel-le-s et pour moitié de représentant-es du peuple (élu-e-s, associations).

 

* Résolution 1751 (2010) Combattre les stéréotypes sexistes dans les médias
« La représentation des stéréotypes sexistes varie de l’humour aux clichés dans les médias traditionnels, jusqu’à l’incitation à la haine et à la violence fondées sur le genre sur Internet. Les stéréotypes sexistes sont trop souvent banalisés et tolérés, au nom de la liberté d’expression. De plus, ces stéréotypes sont souvent subtilement véhiculés par les médias, qui reproduisent des attitudes et des opinions perçues comme la norme par des sociétés où l’égalité des sexes est loin d’être une réalité. De ce fait, trop souvent, les stéréotypes sexistes ne peuvent pas être attaqués en justice ou sanctionnés par les instances de régulation ou d’autorégulation, à l’exception des cas de violation de la dignité humaine les plus graves. » (Source ICI...)

20 juin 2012