ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 4 OCTOBRE 2009

Rapport d’activités

 

LES ACTIONS DES CHIENNES DE GARDE
depuis 2008

La décision de lancer une action contre une insulte sexiste publique ou une publicité sexiste est prise par les responsables. Nous choisissons de lancer peu d’actions, car nous préférons nous concentrer sur quelques-unes dont la portée pédagogique soit incontestable.

Mode d’action 

Des manifestations de rues auxquelles participent une dizaine d’entre nous, avec banderoles et masques de chiennes.
Des textes courts, demandant fermement le respect des femmes et utilisant l’humour pour tourner les machos en dérision.
Un communiqué de presse dans un style « mordant », adressé à notre liste de presse et suivi par des médias.

Notre prix Macho à la publicité la plus sexiste a toujours du succès, et le Macho de l'année, décerné pour la première fois en 2009, a été très abondamment « couvert » par la presse.

A. Les Prix Macho des Chiennes de garde

1. Prix Macho à la publicité la plus sexiste (décerné depuis 2002)

Choisi par La Meute parisienne parmi un ensemble de publicités sexistes rassemblées par les membres, ce prix est allé en 2009 (pour une publicité diffusée en 2008) à Sloggi (slips), pour des affiches dans des abribus exhibant des fesses de femme avec le slogan « en promo ».
Pour 2008, dans trois catégories, voir http://www.lameute.fr/actualite/macho08.php3.

2. Prix au Macho de l'année, lancé en 2009

Remis à l’occasion du 8 mars, Journée internationale des femmes, ce prix est décerné à l’auteur de la remarque, déclaration, insulte, etc. la plus sexiste, faite publiquement à une femme pendant l’année civile précédente.
Les membres de l’association ont été invité-es à voter sur une sélection de phrases sexistes. Le vote portait sur les phrases seules, sans que les membres soient informé-es du nom de leur auteur.
Plus d’un tiers des Chiennes de garde ont jugé que la plus sexiste des phrases sélectionnées était « Le plus difficile, c'est d'avoir des femmes qui soient formées. Le tout n'est pas d'avoir une jupe, c'est d'avoir quelque chose dans la tête. »
Le premier Macho d’or est donc Mgr André Vingt-Trois, cardinal-archevêque de Paris, qui s’est exprimé ainsi à Radio Notre-Dame, le 6 novembre 2008, alors qu’il était interrogé sur une plus grande participation de femmes aux célébrations liturgiques.
Pour les féministes laïques que sont les Chiennes de garde, ses paroles témoignent de la violence d’un machisme institutionnel qui refuse aux femmes la dignité et l’égalité.

 

B. Nos autres actions

1. Janvier 2008 : contre Le Nouvel Observateur

Pour célébrer le centième anniversaire de la naissance de Simone de Beauvoir, Le Nouvel Observateur avait choisi d’illustrer sa couverture avec une photo de la philosophe nue, de dos.
Nous avons manifesté devant le siège de l’hebdomadaire, place de la Bourse, avec banderoles, masques, pancartes, slogans et chansons, pour défendre la mémoire de Simone de Beauvoir.  Nous avons demandé à voir les fesses de Sartre et, pour faire bonne mesure, celles de Jean Daniel qui — devons-nous le regretter ? — n’a pas jugé bon de nous satisfaire…
Nous avons été reçues par les deux rédacteurs en chef qui ont campé sur leurs positions.
L’accueil dans les médias et parmi les féministes a été excellent.

2. Octobre 2008 : contre le magasin d’informatique Surcouf, à Paris, exposant dans ses vitrines (139 avenue Daumesnil) des affiches avec une image de prostitution.

Nous avons écrit une lettre ouverte à M. Yves Lagier, PDG de Surcouf : « Êtes-vous proxénète ou spécialiste d’informatique ? Que vendez-vous chez Surcouf ? Des slips ou des ordinateurs ? »
L’annonce que des Chiennes de garde allaient manifester devant le magasin a suffi pour que dès le lendemain matin les affiches des vitrines du magasin soient masquées.
Nous avons reçu des excuses, et l’assurance que nos « remarques » étaient bien prises en compte.

3. Depuis octobre 2008 : notre plainte déposée à la HALDE

Le 28 octobre 2008, nous avons écrit au Président de la HALDE pour porter plainte contre les magasins Surcouf au sujet de cette campagne.
Par une réponse du 22 janvier 2009, nous avons reçu un accusé de réception.
Ne recevant pas de réponse sur le fond, nous sommes revenues à la charge le 20 avril 2009 : « Nous nous étonnons du peu d’intérêt que vous portez à notre association en ne nous répondant pas alors que nous annonçons que nous portons plainte devant la HALDE. »
Le 2 juin 2009, M. Schweitzer nous a enfin répondu sur le fond.
Le 3 juillet, nous lui avons rétorqué : « Vous vous retranchez derrière le ‘’cadre légal’’ qui limite la compétence de la HALDE, tout en soulignant que celle-ci peut ‘’connaître de toutes les discriminations, directes ou indirectes, prohibées par la loi ou par un engagement international auquel la France est partie’’ ». Nous lui avons donc rappelé les textes sur lesquels nous fondons notre plainte.
Toujours pas de réponse !
(à suivre)  grrrrrr !

4. Mars 2009 : contre une affiche de Reporters sans frontières

Cette organisation, qui milite pour la liberté de la presse, utilise l’image d’une Marianne violentée et sanguinolente, avec le slogan « Franchement, elle l'a cherché ».

« Même au service d’une ‘’bonne cause’’, avons-nous déclaré, la violence contre les femmes ne peut être un argument pertinent. »
Après la réception par RSF de nombreuses lettres de nos membres, on nous a donné cette assurance : « Nous avons été sensibles à vos arguments et bien sûr nous serons plus vigilants à l'avenir. »

 

C. Les Chiennes de garde CONTRE LES MOTS QUI TUENT

Depuis mars 2009, les Chiennes de garde sont engagées contre les paroles machistes du rappeur Orelsan, auteur notamment de la chanson « Sale pute ! », dont le clip est disponible sur Internet.

Peut-on laisser un artiste, en l’occurrence Orelsan, chanteur de rap  jouissant d’une audience potentielle immense grâce à la tribune planétaire d’Internet, donner libre cours à l’expression d’une haine virulente contre les femmes ?

L’affaire trouve son origine dans l’initiative d’une Chienne de garde, Soleillade, de Bagnols-sur-Cèze et son amie Kokolat, en région parisienne. Ce sont elles qui, à partir du 18 mars 2009, ont alerté avec persévérance des associations féministes sur la dangerosité des paroles de ce rappeur.
Nous avons décidé d’agir, de concert avec d’autres féministes et aussi avec nos moyens spécifiques.

D’abord, l’humour. Nous avons lancé parmi les adhérent-es un concours de contre-raps, et découvert dans nos rangs plusieurs contre-rappeuses de talent, dont une certaine Pitbulle : nous l’avons présentée comme l’ex d’Orelsan et, à notre grande surprise, la plaisanterie a été prise au sérieux. Ses textes, résultat d’un travail collectif des responsables, disent vertement son fait à Orelsan, dans une forme irréprochable (alexandrins coupés à l’hémistiche).

Ka-nin Jo, Bulle Dogue, Lévrière sans collier, Ratière au taquet et Malinoise ont aussi apporté leur contribution personnelle avec des contre-raps mordants, ou décoiffants. « Je baise qui je veux » a été enregistré par Ka-nin Jo.

Nous avons manifesté avec notre banderole devant le Bataclan, à Paris, le 13 mai 2009, pour un rassemblement de protestation féministe avant un concert d'Orelsan.
Nous avons adressé le 3 août 2009 une Lettre ouverte des Chiennes de garde au ministre de la Culture Frédéric Mitterrand (restée sans réponse), critiquant l’emploi de l’expression « dépit amoureux » pour décrire la motivation d’Orelsan. Pour réagir au rapprochement qu’il a fait avec Rimbaud, l’une d’entre nous a écrit « La dormeuse de la cuisine ».

ET BIENTÔT DU NOUVEAU !