lundi 15 mars 2004

Soutien à la Maison des Femmes de Paris

par Les Chiennes de Garde

 

La Maison des Femmes de Paris, rue de Charenton, est dans une situation difficile et elle a diffusé, notamment sur notre forum, un communiqué exposant ces problèmes. Voici notre courrier suivi d’une réponse de Francine Bavay, l’une de nos destinataires.

 

 

Paris, le 12 février 2003

objet : Maison des Femmes de Paris

à l’attention de Bertrand Delanoé, Maire de Paris Anne Hidalgo, 1e adjointe au Maire, chargée de l’égalité femme/homme Marie-Pierre de la Gontrie, adjointe au Maire, chargée des relations avec les associations Michèle Blumenthal, Maire du XIIe arrondissement Francine Bavay, fondatrice de Elu-e-s Contre les Violences Faîtes aux Femmes Monique Larrouy, de la Maison des Femmes de Paris

Madame, Monsieur,

la Maison des femmes de Paris, actuellement sise rue de Charenton dans le XIIe arrondissement, se trouve aujourd’hui, après 22 ans d’existence, dans une situation délicate et menacée dans son existence même.

Nous connaissons comme vous le travail remarquable réalisé par les militantes de cette Maison, et nous sommes extrêmement émues à l’idée que ce lieu unique et indispensable pourrait disparaître.

La Maison des Femmes ouvre son centre de documentation et ses réunions à un public très vaste et toujours très nombreux. Et paradoxalement, c’est la non-mixité de ses murs qui lui permet d’accueillir en moyenne 300 femmes chaque mois, que ce soit pour une assistance aux femmes victimes de la grande précarité, assimilable à un accueil de jour pour des femmes sans domicile fixe qui trouvent là un soutien et une aide matérielle, ou que ce soit des femmes victimes de violences, qui trouvent une écoute et une aide de tout premier ordre. Le savoir-faire des accueillantes de la Maison des Femmes est tel, par sa qualité et son professionnalisme, que 2 fois l’an elles assurent une formation, gratuite et bénévole, aux travailleurs sociaux de la région sur l’aide aux femmes victimes de violences et en grande précarité. C’est à ce titre et pour ces missions, nous le savons, que la Mairie de Paris verse une subvention annuelle à la Maison des Femmes, ainsi que la Région Île de France et l’Etat. Cette reconnaissance du travail effectué et de la nécessité de ce lieu va de paire avec la recherche de sa survie.

Nous savons également que la Maison des Femmes a fait auprès de la Ville de Paris une demande d’allocation compensatrice de loyer, qui est actuellement en cours d’examen. La MdF a bon espoir que cette allocation lui permette d’assurer la pérennité de ses actions et de poursuivre l’énorme travail, commencé il y a plus de 20 ans et toujours plus développé depuis. Nous attirons votre attention sur la catastrophe que représenterait pour des dizaines et des dizaines de femmes la fermeture de ce lieu. Nous avons la plus grande confiance en vous pour trouver avec la Maison des Femmes une solution adaptée à leur situation et qui permette de garantir la survie de ce lieu aux activités prolifiques et nécessaires.

Nous avons bon espoir que vous trouverez un moyen de garantir la survie de la Maison des Femmes de Paris.

Avec nos sincères remerciements, veuillez trouver, Madame, Monsieur, tous nos respects.

Solidairement et féministement vôtres,

Les Chiennes de Garde

* * *

 

Réponses

Outre la réponse de Francine Bavay reçue par courrier électronique, nous avons également reçu des réponses du Maire de Paris et de Michèle Blumenthal, maire du 12e, très encourageantes.

réponse de Francine Bavay

Vous avez attiré mon attention par votre courrier du 12 février dernier sur la situation difficile de la Maison des Femmes de Paris et je vous en remercie.

Soyez certain que cette situation ne me laisse pas indifférente. J’ai d’ailleurs, pendant la mandature 1998 - 2004 au Conseil régional, agi afin qu’une association de ce type puisse trouver un soutien auprès de la Région Ile-de-France. C’est ainsi que j’ai fait voter dès juin 1998 une délibération permettant d’attribuer des subventions aux associations agissant en matière de soutien aux femmes en difficulté. Il s’agissait d’une initiative volontaire de la Région Ile-de-France, agissant hors compétence dans un domaine où les autres régions ne se sont pas engagées à ce jour.

Dans ce cadre, et en fonction de mes responsabilités de Vice-présidente chargée des Solidarités, de l’Action sociale et de la Santé, j’ai fait voter à trois reprises ( 1999, 2001 et 2002) des subventions à la Maison des Femmes de Paris, pour un total de 27 947 euros.

Pour autant, ce soutien était tributaire de la situation politique réelle, notre exécutif n’étant qu’en majorité relative. Notre majorité s’est ainsi heurtée pendant toute la mandature à l’opposition de la droite et l’extrême-droite, souvent coalisées pour refuser les mesures sociales nécessaires, en particulier lorsqu’il s’agissait de soutenir des associations.

Le programme que propose la liste de la gauche et des Verts pour la mandature 2004 - 2010 tient compte des besoins réels et propose de consacrer 10% du budget régional à l’action sociale. Cela signifie que les actions régionales de lutte contre les exclusions et les discriminations seront non seulement pérennisées mais surtout considérablement élargies et augmentées. Un observatoire régional pour la lutte contre toutes les discriminations sera créé.

D’une manière plus générale, l’engagement de la Région dans un processus de développement durable sera associé à la volonté de mettre en œuvre une démocratie participative permettant à la fois l’expression des besoins et la co-production des politiques publiques avec l’ensemble des acteurs de terrain.

Concernant la Maison des Femmes de Paris, je ne manquerai pas au lendemain de l’élection de reprendre contact afin que nous examinions ensemble les mesures que la Région mettra en œuvre afin de permettre la poursuite et le développement de son travail.

Je vous prie de croire, Monsieur, en l’expression de ma solidarité et de mon engagement dans les combats des femmes.

Francine BAVAY

Vice-présidente du Conseil régional d’Ile-de-France

chargée des Solidarités, de l’Action sociale et de la Santé.

Tête de liste pour le département des Hauts-de-Seine

de la liste de la gauche et des Verts conduite par Jean-Paul HUCHON