vendredi 27 février 2004

Soutien à Véronique Fayet : Xavier Darcos finit par présenter ses excuses

par Les Chiennes de Garde

 

Lundi 23 février Xavier Darcos a eu publiquement des propos insultants et sexistes à l’égard de Véronique Fayet. Il a maintenu ses propos devant la presse le lendemain. De même que l’AVFT, les Chiennes de Garde ont vivement réagi à ces insultes et demandé des excuses.
Il apparaît aujourd’hui que grâce à nos actions conjuguées et au communiqué ci-dessous M. Darcos a finalement présenté des excuses à Véronique Fayet. Nous nous en félicitons.

Les Chiennes de Garde demandent des excuses à M. Darcos :
ses insultes sexistes à Véronique Fayet sont inadmissibles.

Xavier Darcos est ministre délégué à l’enseignement scolaire dans l’actuel gouvernement, et tête de liste de l’UMP en Gironde pour les élections régionales 2004. Véronique Fayet est adjointe aux affaires sociales du maire de Bordeaux Alain Juppé et n° 2 de la liste UDF aux mêmes élections régionales. Cette situation met visiblement Xavier Darcos dans un drôle d’état, au point qu’il se permette de déclarer devant la presse (et après avoir reçu l’aval d’Alain Juppé, dit-il) : « Que Mme Fayet cesse de mettre en avant sa "fidélité" à Alain Juppé. Ce n’est tout de même pas à la femme adultère de donner des leçons de fidélité conjugale ! »

Déséquilibre sexiste
On comprend que l’UMP apprécie peu de voir une adjointe au maire UMP de Bordeaux sur la liste UDF de François Bayrou. Et alors ?
En aucune manière la vie privée d’une candidate n’a le moindre rapport avec le fait qu’elle se présente sur une liste plutôt que sur une autre. Ce dévoiement du débat est une dérive sexiste inacceptable. Quand c’est François Bayrou qui est pris à parti par ses concurrents UMP, c’est pour être traité de « camelot » mais sans qu’on mette en cause sa vie personnelle et encore moins sexuelle. Lorsque l’insulte est dirigée contre une femme, elle la ramène continuellement à sa sexualité, contrairement aux attaques faites aux hommes. C’est cette asymétrie, et cette réduction constante des femmes à leur sexualité qui sont foncièrement sexistes.

Nul ne peut s’approprier la vie personnelle d’une femme

Que Xavier Darcos se permette une telle insulte pose plusieurs problèmes. D’abord il s’octroie des droits sur la vie privée d’une femme, il s’approprie le droit de commenter sa vie privée comme on dispose d’un bien.
Ensuite, il utilise une méthode particulièrement vile et peu respectable, les coups en dessous de la ceinture, qui témoigne du niveau auquel il place le débat politique et qui ne rassure pas beaucoup sur la manière dont il envisage ses responsabilités.
De plus, la manière dont il parle de la vie privée d’une candidate et élue, Véronique Fayet, est particulièrement sexiste et revient à commenter les qualités politiques d’une femme en prenant sa sexualité réelle ou supposée comme critère de jugement.

Atteinte au respect de la vie privée et « outing »

La vie privée des élu-e-s est en France correctement respectée, et lorsqu’on voit telle ou telle personnalité dans la presse « people » c’est de son propre gré et avec son accord. Faire des commentaires sur la vie privée d’une personnalité publique -et peu importe que ces commentaires soient vrais ou faux-s’apparente au « outing ». Le mot est plus couramment employé pour les cas où l’homosexualité d’une personnalité est révélée contre sa volonté.
Cette méthode a toujours été présentée comme une menace de dernier recours par les personnes qui en brandissaient l’hypothèse, et unanimement considérée comme une atteinte aux droits individuels, à la vie privée. Qu’un élu, un ministre, se permette d’attenter à la vie privée d’une femme politique est grave pour la démocratie, et montre combien Xavier Darcos fait peu de cas des libertés d’une femme. Qu’il se permette de jeter en ces termes l’opprobre sur une collègue et adversaire pour les élections régionales, c’est cela qui est bas, et dans cette affaire il est évident que c’est Xavier Darcos qui avilit le débat politique.

A l’heure de la parité, il serait temps de juger les élu-e-s et les candidates sur leurs qualités politiques. A l’heure où le souvenir du 21 avril 2002 est sur toutes les lèvres, il serait temps également que les hommes et femmes politiques donnent l’exemple et ne s’abaissent pas, contrairement à M. Darcos, à des attaques personnelles qui déshonorent ceux qui les profèrent.

Nous ne connaissons pas personnellement Véronique Fayet. Nous nous moquons éperdument de sa vie privée, qui ne nous regarde pas et ne regarde pas les électrices et électeurs de la région Aquitaine ou d’aucune autre région, du moins tant que l’intéressée en aura décidé ainsi.

Les Chiennes de Garde apportent leur soutien à Véronique Fayet et demandent à Xavier Darcos de retirer ses insultes sexistes.