lundi 8 décembre 2003

le point après l’audience au TGI le lundi 8 décembre
Arte s’esquive

par Les chiennes de garde

 

Il a fallu engager une action en justice, nous nous en serions bien passées mais Arte a modifié le titre d’un documentaire prévu pour la soirée théma du 9 décembre.

Il avait déjà été déjà reproché aux coproducteurs, Doc en stock, le choix d’un titre jugé dégradant pour les Chiennes de Garde et péjoratif pour les féministes. Refus. Nous avons intenté un recours au Tribunal de grande instance, et quelques minutes avant l’audience la chaîne nous annonce que le titre du documentaire de Sophie Jeaneau a été modifié. Il est rebaptisé "Profession féministes".

Ce qui n’était pas possible ni souhaitable à la suite d’un échange de courriers, est devenu subitement "une décision libre et légitime du diffuseur", à quelques heures de l’audience. Quel curieux hasard.

Au-delà de notre propre image, c’est celle de toutes les féministes françaises qui était dégradée par le titre originel, "Chiennes d’arrière garde ?". Nous devions réagir, en notre nom mais aussi pour la défense solidaire des militantes et militants dont nous partageons le combat.

Le tribunal ne rendra son jugement en délibéré que le 2 février 2004. D’ici là Arte aura eu tout le loisir de diffuser ses documentaires (4 diffusions sont prévues par contrat). Mais nous aurons fait ce que nous devions. Nous nous sommes dressées pour que notre image et nos combats soient respectés. Nous avons obtenu gain de cause sur certains points, Arte et Doc en stock préférant modifier des éléments litigieux avant même que jugement ne soit rendu.

Cette affaire dit bien le peu de cas qui est fait des féministes dans les médias. Il faut désormais payer un avocat, aller au tribunal, pour qu’on nous écoute. Sans cela, on nous traite avec dédain et mépris, nos demandes les plus légitimes restent sans réponse. Mais trop c’est trop.

Nous, Chiennes de Garde, avons une mission de vigilance contre le sexisme dans l’espace public et dans les médias. Nous l’assumons.