28 mars 2002

6 EXIGENCES POUR LA DÉMOCRATIE

par le bureau des chiennes de garde

 

Rappelez vous : le huit mars, pour marquer la journée des femmes et l’intégrer dans l’actualité politique, nous demandions à chaque candidat-e de prendre position sur six mesures concrètes que nous exigeons pour réformer la condition des femmes et poser les termes de débats nécessaires à son amélioration.

Rappelez vous : le huit mars, pour marquer la journée des femmes et l’intégrer dans l’actualité politique , nous demandions à chaque candidat-e de prendre position sur six mesures concrètes que nous exigeons pour réformer la condition des femmes et poser les termes de débats nécessaires à son amélioration.

Ces six points constituent six véritables défis pour les femmes d’aujourd’hui. Les Chiennes de garde formulent des exigences précises : respect des femmes dans l’espace public, véritable information sur les violences, éducation sexuelle non sexiste, refus de la marchandisation du corps et de la légitimation de la prostitution, droit d’asile pour les victimes de barbarie sexiste.

Les femmes forment 53% du corps électoral. Les questions les concernant directement sont pourtant étrangement absentes des thèmes majeurs de cette campagne électorale, si l’on exclut quelques clichés récurrents qui ne mangent pas de pain. La manière dont les candidat-e-s répondent est significative de l’importance qu’ils-elles accordent à la question, et donc de leur capacité à réformer ce qui doit l’être.

A ce jour, nous avons les réponses de (dans l’ordre de réception) :

Mesdames et Messieurs Saint Josse, Lepage, Chirac, Hue, Laguillier, Lalonde, Cheminade, Mégret, Allenbach, Hersent-Lechâtreux, Le Pen et Jospin. Certaines réponses nous ont été annoncées, mais nous ne les avons pas encore reçues. Le seul refus émane de Monsieur Pasqua.

Certaines réponses tiennent en TROIS MOTS, d’autres en cinq lignes,

D’autres reprennent en détail chaque point abordé. Un des candidats n’a traité que quatre points sur six, répondant à deux d’entre eux par un espace vide. Pour finir de vous allécher, cette perle de Brice Lalonde, en forme de lapsus : " ...il y a aussi de nombreux hommes qui subissent les mêmes ’’avaries’’... " Il voulait sans doute parler d’avanies... Si c’est lui qui le dit... Le bateau génération écolo aurait il des ratés ?

Nous publierons une synthèse de ces différentes réponses le 5 avril, date à laquelle les candidatures ayant obtenu les 500 signatures seront

déposées. Nous publierons également in extenso toutes les réponses, parmi lesquelles, celles des deux principaux candidats, Chirac et Jospin. Et nous vous laisserons savourer leurs programmes respectifs.

Question des Chiennes de garde à chaque candidat-e au premier tour des élections présidentielles :

Oui ou non, au cas où vous seriez élu-e, vous engagez vous à mettre en œuvre immédiatement les six mesures suivantes :

1 - Parce que nous refusons la violence verbale qui s’exerce impunément dans l’espace public et sur les lieux de travail, parce que nous refusons que les insultes dirigées contre les femmes soient tolérées avec complaisance,

Nous exigeons une loi anti sexiste, similaire à la loi de 1972 contre les injures racistes, accompagnée de campagnes de sensibilisation du public et des autorités judiciaires et policières sur les différentes formes de machisme.

2 - Parce qu’entre la violence verbale et la brutalité physique le chemin est parfois très court, parce qu’il ne suffit plus de s’apitoyer sur le sort des victimes des tueurs de femmes, parce qu’on parle beaucoup de l’insécurité sans jamais affirmer qu’elle menace surtout les femmes et est surtout le fait d’hommes,

Nous exigeons que soient établies des statistiques sexuées sur la violence, qui déterminent clairement qui agresse qui. Nous exigeons que des campagnes d’information décrivent la réalité de cette violence sexuelle et sexiste.

3 - Parce que nous refusons que l’éducation sexuelle des enfants et des jeunes se fasse aujourd’hui davantage par la pornographie que par l’école, les garçons apprenant à devenir des prédateurs et les filles des objets de mépris. Parce que les conséquences de cet état de fait sont l’ignorance, la frustration et la violence.

Nous exigeons qu’une éducation sexuelle réaliste soit intégrée dans les programmes scolaires non seulement en biologie et en éducation civique, mais aussi en philosophie.

4 - Parce que nous constatons une offensive du système proxénète sur tous les plans :

- banalisation des images pornographiques par la pub et internet, starisation des hardeuses, articles complaisants sur les consommateurs...

- pression pour la réouverture des bordels et l’institutionnalisation de la prostitution, sous le prétexte d’améliorer les conditions dans lesquelles elle s’exerce.

- défense de l’idée que la prostitution est un travail comme un autre

Nous affirmons que la prostitution n’a pas à être aménagée mais supprimée quel que soit l’âge et le sexe de la personne qui y est soumise, et nous exigeons que des effectifs révélant une réelle volonté politique de traiter cette question, primordiale pour le statut des femmes dans notre société, soient affectés à l’application de la loi française actuelle.

5 - Parce que le processus de mondialisation des marchés et de privatisation du monde entraine non seulement la marchandisation du corps humain, de son image, mais aussi de ses organes et de ses capacités de reproduction, et que cela menace en premier lieu le corps des femmes,

Nous exigeons du prochain gouvernement qu’il confirme clairement que le corps humain, en partie ou en totalité, ne fait pas partie des produits qui se vendent. Nous exigeons qu’il s’oppose à la mise en place de systèmes qui aggraveraient la marchandisation du corps.

6 - Parce que les femmes françaises sont solidaires de toutes les femmes du monde, parce que partout dans le monde des femmes sont victimes de la violence masculine,

Nous exigeons que les femmes étrangères vivant sur le territoire français soient soumises aux lois de la république et non aux lois de leur pays d’origine. Nous exigeons que soit accordé l’asile politique aux étrangères menacées par un crime d’honneur, une excision, un mariage forcé ou toute autre forme de barbarie sexiste. Nous exigeons que la violence machiste soit reconnue comme une violence politique, nous exigeons des sanctions économiques contre tous les pays où la maltraitance des femmes fait partie des coutumes ou du programme de gouvernement.

le 8 mars 2002

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