Fouquet’s
Lettre à Elisabeth Lubinski et à Nadine Diatta

Communiqué envoyé à l'AFP

 

A Elisabeth Lubinski et à Nadine Diatta

Copie à Me Antoine et à Me Pioli

Mesdames,

Dans votre lettre du 14 mars 2000, vous nous expliquez les motifs de votre mécontentement à notre égard en nous donnant les raisons qui vous ont conduites à refuser les excuses présentées, au nom du Fouquet’s, par Mme Barrière-Desseigne.

La lettre de celle-ci, écrivez-vous, " comporte une réserve qui ne nous paraît pas admissible. En effet, Mme Barrière-Desseigne croit utile de souligner qu’elle se bat avec acharnement contre ’tout ce qui peut favoriser, même passivement, le développement du proxénétisme’ " Vous estimez " la position du Fouquet’s tout à fait méprisante pour les femmes ". Vous ajoutez : " Mais soyons honnêtes. Auraient-elles été expurgées de leur infinie maladresse, nous n’aurions pas accepté les excuses du Fouquet’s. "

Nous notons donc que vous étiez déterminées à ne pas accepter les excuses du Fouquet’s, sous quelque forme qu’elles auraient pu vous être présentées.

Pour notre part, nous avons estimé que cette lettre du Fouquet’s, rendue publique le 2 mars 2000, nous donnait satisfaction quant à deux des trois demandes que nous avions formulées, en accord avec vous, le 16 novembre 1999.

Mme Barrière-Desseigne y présente des excuses aux deux femmes " refusées à tort au Fouquet’s parce qu’elles étaient seules ", ainsi qu’à " celles qui l’ont été avant 1998, date de notre reprise [de l’établissement] ". Quant à l’avenir, elle prend " l’engagement public qu’il ne soit exercé aucune discrimination à l’encontre des femmes seules. "

Notre troisième demande - apposer la plaque " Souvenir historique, non valable de nos jours " sous le panonceau " Les dames seules ne sont pas admises au bar " - ayant été satisfaite dès le 11 décembre, nous avons pris acte de la décision de Mme Barrière-Desseigne d’accéder à toutes les demandes que nous avions faites.

Nous vous avons transmis aussitôt cette réponse et, sans nouvelles de vous après plusieurs jours, nous avons accepté, au nom de l’association Chiennes de garde, l’invitation du Fouquet’s à venir célébrer la Journée internationale des femmes, le 8 mars 2000. Nous avons transmis cette invitation, dans une lettre expliquant les raisons de notre acceptation, à l’ensemble des adhérent-es, dont vous êtes. Aucun-e adhérent-e ne nous a fait connaître son désaccord avant le 8 mars.

Vous avez jugé bon de rester, pendant la réception, sur le trottoir devant le Fouquet’s, à manifester votre mécontentement de notre attitude. L’ayant appris, je vous ai écrit le 13 mars 2000 et vous nous avez alors informées que vous refusiez les excuses.

Nous sommes au regret de constater une divergence entre votre point de vue et le nôtre.

Notre solidarité vous reste acquise et nous vous soutenons dans votre action en justice sur la discrimination dont vous avez été l’objet le 7 novembre 1999. Nous viendrons au procès pour vous manifester notre soutien.

mardi 11 avril 2000