À M. Serge July, directeur de la publication

 

 

Monsieur,

Vous avez publié, dans le n° de Libération daté du jeudi 23 mars 2000, un article de Fabrice Tassel intitulé " Les filles du foot contre l’équipe des machos ". Le journaliste relate l’audience du tribunal de Nanterre au cours de laquelle s’est déroulé le procès pour injure sexiste intenté par Nicole Abar, ancienne entraîneuse de l’équipe féminine de football du Plessis-Robinson, au maire de cette commune, Philippe Pémezec.

L’article commence ainsi : " Discrètement, le visage ravagé par les larmes, une femme frappe à la porte de l’interprète. Elle est tamoul, battue par son mari, à la recherche de conseils pour lancer une procédure. Elle ne parle pas français, elle ne comprend pas les discussions d’une dizaine de femmes arborant un ruban blanc témoin de leur opposition aux violences faites aux femmes. Le groupe des Chiennes de garde ne la voit pas non plus, occupée à une tout autre cause, sur le thème Ce n’est pas juste, le foot appartient à tous !"

Ayant interrogé des personnes de notre association venues avec moi au tribunal de Nanterre, je vous transmets la réaction de Marion Grimault et de Marie-France Méhut :

"Nous souhaitons que soit rectifiée l’erreur du journaliste de Libération. Nous sommes restées de 13h30 à 17h dans le couloir, devant la porte de la 14° chambre du tribunal correctionnel, en attendant le passage de l’affaire d'injure sexiste pour laquelle nous étions venues à Nanterre.

Si la femme tamoule a frappé à la porte de l'interprète, c’est précisément parce que nous l’avons vue, que nous nous sommes occupées d’elle et que nous l’avons conduite au bureau des interprètes. Nous avons ainsi appris qu’elle avait subi des violences de la part de son mari et que celui-ci était au même moment dans la salle du tribunal, en train de passer en jugement dans le cadre d’une procédure d’urgence. Elle n’était donc pas à la recherche de conseils pour lancer une procédure.

Il est faux d’écrire que nous n’avons pas vu cette femme. De surcroît, insinuer que notre soutien à Nicole Abar et au football féminin nous aurait empêchées d’être attentives à une femme ayant subi elle aussi des violences sexistes porte atteinte à notre honneur et à notre considération. "

Je vous demande, dans le cadre du droit de réponse, de porter cette rectification à la connaissance de vos lecteurs.

vendredi 24 mars 2000