JEUX OLYMPIQUES 2000 part 1

Communiqué envoyé à l'AFP

 

Le jour de l’ouverture des Jeux Olympiques de Sydney, un collectif d’associations féministes françaises : L’association contre les violences faites aux femme au travail (AVFT), les Chiennes de Garde, le collectif féministe contre le viol (CFCV) et l’association Mix-Cité demandent à Madame Marie-George Buffet, ministre française de la Jeunesse et des Sports, le retrait d’un athlète et de son entraîneur de la délégation française aux Jeux Olympiques.

Christophe Epalle - lanceur de marteau - et Guy Guérin - entraîneur de l’Equipe de France - ont en effet participé, avec d’autres membres de l’équipe de France du lancer de marteau, aux agressions sexuelles à l’encontre de deux sportives, qui étaient, elles aussi, lanceuses de marteau et membres de l’équipe de France : Michelle Rouveyrol et Catherine Moyon de Baecque.

Concernant la responsabilité de Christophe Epalle, Catherine Moyon de Baecque a raconté dans son livre - dont la teneur et les propos n’ont jamais été contestés - la nature de ces agissements.

Par ailleurs, la seconde athlète agressée sexuellement lors de ce stage de l’equipe de France, organisé en 1991 par la Fédération Française d’ Athlétisme, sous l’égide du ministère de la Jeunesse et des Sports avait déposé plainte contre lui pour " attentat à la pudeur commis avec violence ou surprise ". Et si celui-ci a été relaxé par la justice, l’attendu n’invalide pas la réalité des violences commises. Le jugement dit simplement que la parole de celui dans la chambre duquel celui-ci l’a agressée l’a emportée sur la parole de la victime. Et que celle-ci a pu s’enfuir.

Concernant l’entraîneur national, Guy Guérin, qui était responsable du stage national au cours duquel ces agressions ont eu lieu, il a lui-même participé avec les lanceurs de marteau à la première agression dont Catherine Moyon de Baecque a été victime, n’a fait cesser aucune de celles qui ont suivi, et a encouragé après trois jours d’agressions sexuelles, de nouvelles agressions.

Ces agressions sexuelles ont pourtant été dénoncées, analysées, médiatisées :

- Lors des deux procès que celles-ci ont intentés et qui ont reconnus coupables d’agressions plusieurs membres de l’Equipe de France d’athlétisme ;

- dans le livre publié par Catherine Moyon de Baecque, La médaille et son revers (Albin Michel. 1997), ainsi que dans le livre coordonné par Frédéric Baillette et Philippe Liotard, Sport et virilisme (Editions Quasimodo. 1999)

Les Associations féministes françaises suscitées dénoncent la responsabilité des autorités sportives françaises qui ont permis que cette situation inacceptable puisse se produire.

Ainsi, Guy Guérin, entraîneur du seul marteau à l’époque où ces violences sexuelles commises sur deux femmes athlètes ont eu lieu est toujours entraîneur national. Il a en outre été promu entraîneur de tous les lancers : poids,marteau, disque et javelot .

Tandis que Christophe Epalle a bénéficié comme les autres lanceurs de marteau, de toutes les facilités ( aides financières, entraînement.. ) mises à sa disposition par les instances sportives françaises.

Les auteurs de ces agressions ont pu ainsi poursuivre au plus haut niveau leur carrière sportive. Leurs violences n’ont jamais été dénoncées, ni condamnées par les autorités françaises. Plus encore, celles-ci les ont soutenus.

Et ce, tandis que la vie des deux sportives, femmes athlètes de haut niveau, a été bouleversée. Elles ont dû abandonner le sport de compétition, après avoir été abandonnées, mises à l’écart, injuriées, violentées, humiliées.

Catherine Moyon de Baecque a été menacée de mort.

Et ce, alors que les instances sportives internationales, notamment françaises, affirment leur volonté de " promouvoir la place des femmes dans le sport ", ces deux athlètes, elles, ne sont pas à Sydney

Les associations féministes françaises suscitées rappellent que la composition de l’Equipe de France d’athlétisme avait déjà été dénoncée, sans résultat, lors des Jeux Olympiques d’Atlanta, le 28 juillet 1996.

Elles refusent donc que l’Equipe de France d’Athlétisme qui va représenter la France aux Jeux Olympiques de Sydney comporte un athlète, sportif de haut niveau qui a agressé deux autres athlètes, sportives de haut niveau, ainsi qu’ un entraîneur national, par ailleurs agent de l’Etat, qui a participé à / et " couvert " ces violences sexuelles à l’encontre de deux sportives.

Elles considèrent donc que la présence de ces deux hommes - Monsieur Christophe Epalle et Monsieur Guy Guérin - au sein de l’Equipe de France, n’est pas acceptable.

Elles considèrent en outre qu’elle est en opposition avec les articles 3 et 6 de la Charte Olympique internationale qui précisent respectivement :

- " Le but de l’Olympisme est de mettre le sport au service du développement harmonieux de l’homme, en vue d’encourager l’établissement d’une société pacifique, soucieuse de préserver la dignité humaine. "

- " Le Mouvement Olympique a pour but de contribuer à bâtir un monde pacifique et meilleur en éduquant la jeunesse par le moyen du sport pratiqué sans discrimination d’ aucune sorte et dans l’esprit de l’Olympisme qui exige la compréhension mutuelle, l’esprit d’amitié, la solidarité et le fair-play. "

Elles demandent donc à Marie-George Buffet, ministre française de la Jeunesse et des sports, d’user de son pouvoir pour exiger que ces deux sportifs ne représentent pas la France aux Jeux de Sydney. Et quittent la délégation française aux Jeux Olympiques.

Elles considèrent enfin que si une telle décision n’était pas prise, cela signifierait que le gouvernement français considère - au mépris de l’intégrité physique et de la dignité des femmes - que les violences exercées à l’encontre de femmes sportives sont, en France, légitimes.

Voire même, encouragées.

Si vous souhaitez soutenir cette campagne :

vous pouvez écrire, faxer, mailer à Jacques Chirac, président de la République, Lionel Jospin, Premier ministre, Marie-George Buffet, ministre de la Jeunesse et des Sports.

(avec copie aux Chiennes de Garde. merci)

vendredi 15 septembre 2000