Soutien aux mères de la place de mai

 

 

De nouveau, les Mères de la place de Mai sont l’objet de menaces. Le 17 septembre 1999 à Buenos Aires, des graffiti ont été peints sur les murs du siège de leur association. Parmi ceux-ci, une injure sexiste : « VIEILLES PUTES ».

Depuis 1977, des femmes manifestent pacifiquement chaque jeudi sur la place de Mai, à Buenos Aires, en demandant la vérité et la justice. Elles veulent connaître le sort de leurs enfants, qui figurent parmi les trente mille personnes « disparues » (en réalité enlevées, torturées et assassinées) pendant la dictature militaire argentine (1976-1983). Obstinément, elles répètent : « Tant que justice n’est pas faite, on ne peut parler ni de paix ni de réconciliation. » Elles demandent que les auteurs de ces crimes contre l’humanité soient punis.

Ces femmes ont transformé le lien maternel en outil d’action politique : c’est ce qu’elles appellent « la socialisation de la maternité ». Elles ont été traitées de folles, insultées, persécutées. Plusieurs d’entre elles ont été enlevées, torturées et assassinées.

Nous, chiennes de garde, nous défendons la dignité des femmes.

Nous sommes 1188 signataires (885 femmes, 285 hommes et 18 associations) du Manifeste des Chiennes de garde contre la violence sexiste.

Adresser une injure sexiste aux Mères de la place de Mai, c’est insulter toutes les femmes.

Nous apportons notre soutien aux Mères de la place de Mai.

Nous demandons au gouvernement argentin d’assurer la sécurité de ces femmes.

Les Mères de la place de Mai sont l’honneur de l’Argentine.

Exprimez votre soutien aux Mères de la place de Mai en écrivant à M. l’ambassadeur d’Argentine 6 rue Cimarosa 75116 Paris

tél. 01 4405 27 00 fax 01 45 53 46 33

lundi 15 novembre 1999