Lettre ouverte à Marc Blondel

 

 

Non au sexisme de FO-Radio France

La section FO de Radio-France a diffusé le 1er septembre 1999 à la Maison de la radio un tract attaquant la politique de Laure Adler, directrice de France-Culture, et intitulé "France-Culture : maison close à la création ! La taulière met les producteurs, réalisateurs, auteurs et artistes interprètes sur le trottoir." On peut y lire, adressé à Laure Adler :

"Collectionnez-vous [les chaussures] comme Madame Marcos pour mieux piétiner la fiction ? Vous n’êtes pas Madame de Pompadour, même si vous avez bénéficié de la même résidence. Vous avez écrit un ouvrage sur les maisons closes. À vous lire, ces entreprises étaient bien gérées. Inspirez-vous-en ! Et prenez garde, Madame la Directrice, de ne pas coincer vos talons aiguilles dans votre grille de programmes."

En la comparant à une taulière de bordel, à Imelda Marcos, à Madame de Pompadour, ce texte assimile Laure Adler à une proxénète, à une dictatrice, à une "favorite". Il insulte le personnel de la Maison de la Radio en l’assimilant à des prostitué-es. Il invite Laure Adler à gérer Radio-France comme un bordel. Après avoir obtenu une réponse satisfaisante à ses revendications, FO Radio-France a diffusé le 3 septembre un texte, dans lequel on peut lire : "Laure Adler, nous vous demandons de bien comprendre que le SNFORT attaquait votre fonction de "Directeur" et non votre condition de femme. Il n’y avait ni sexisme ni misogynie dans nos esprits. Merci de le comprendre et pardon si des jeux de mots ont pu vous faire penser que nous cherchions à atteindre votre dignité de femme. Elle n’était bien entendu pas en cause. Le SNFORT se félicite que ce problème soit réglé et considère qu’il n’y aura plus à y revenir." Non, le problème n’est pas réglé ! Il ne s’agit pas de "jeux de mots". Il s’agit bien d’insultes sexistes et de violence misogyne, d’atteintes à la dignité d’une femme ainsi qu’à celle du personnel de Radio-France.

Nous exigeons des excuses publiques du SNFORT. [reçues le 8 sept.]

Nous, Chiennes de garde, nous défendons la dignité des femmes.

Nous nous sommes engagées à manifester notre soutien

aux femmes publiques attaquées en tant que femmes.

Nous demandons à Marc Blondel

- de désavouer ces textes

- de faire figurer la lutte contre le sexisme dans le programme du prochain congrès national de FO. [sans réponse au 8 octobre]

Sans réponse satisfaisante de sa part sur ces deux points avant le 17 octobre 1999, nous serons en droit de penser que la lutte contre le sexisme n’est pas partie intégrante du projet politique de FO. En conséquence, nous demanderons aux signataires du Manifeste des Chiennes de garde contre la violence sexiste, ainsi qu’à toutes les personnes indignées par ces textes, de démissionner de FO, en raison de sa politique sexiste.

Exprimez votre soutien à ces demandes

au secrétariat national de FO 141 av. du Maine 75014 Paris fax 01 40 52 83 15 , mblondel@force-ouvriere.fr

lundi 6 septembre 1999